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« Phantom », Green Money et les prémices du cloud rap français

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L’histoire de Green Money, c’est celle d’un rappeur atypique dont le passage dans le rap français aura laissé de profonds sillons malgré l’accueil commercial timide réservé à ses projets. Véritable passionné de musique, Yves Massa de son vrai nom s’y plongera dès le plus jeune âge, à la fin des années 1990 avec le groupe La Légion puis dans la première moitié des années 2000 au sein du duo Inconnu Uzi. Au gré de sa carrière, celui qu’on appelle encore Marciano va tirer des enseignements de rencontres avec certains grands noms du genre, à commencer par Ali de Lunatic. En 2007, il se rapproche de Canardo puis de La Fouine et participe aux deux premiers volumes des compilations Capitale du Crime. De son côté, Green Money s’essaye à autotune. On retrouve une partie de ces expérimentations sur les mixtapes MP3, puis sur l’album Greenologie. Prometteur, ce dernier est cependant encore trop marqué de l’empreinte Banlieue Sale, il faudra attendre trois ans pour que le rappeur se trouve pleinement sur Phantom. Soigné dans les moindres détails, ce projet anticipe de plusieurs années l’émergence d’un cloud rap à la française

Green Money, pionnier méconnu du cloud rap français avec Phantom

Bousillé au rap américain, Green Money fait ses armes en regardant du côté de l’école de New-York (Notorious BIG, NaS, Mobb Deep) puis de la West-Coast de Tupac. Comme Joke à la même époque, le natif de Trappes entretient un rapport privilégié à la production musicale d’outre-Atlantique : il y séjournera même à plusieurs reprises en 2006. C’est donc tout naturellement que, quand le cloud rap conceptualisé par Lil B commence à émerger commercialement, Green a déjà réuni une bonne partie des éléments qui constitueront son pendant français. Sur Phantom, le rappeur aboutit à un savant équilibre entre le flow lent qui est déjà sa marque de fabrique, l’utilisation d’autotune dont il est l’un des précurseurs dans l’hexagone et des productions éthérées signées Bone Collector (Mala, La Fouine, Dosseh), High P (Vitaa, The Black Eyed Peas) et Bionix (M. Pokora, Kendji Girac, Bramsito). Ce projet à l’esthétique soignée marque les prémices du cloud rap à la française, son influence sur certaines têtes d’affiches majeures de la décennie est incontestable… En particulier sur un certain Ademo, qui n’allait pas tarder à rencontrer un succès commercial sans précédents au sein du duo PNL.

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