rap français radio 2019

L’écart se creuse entre musique à la demande et diffusions radio

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La société Yacast France, spécialisée dans l’analyse des diffusions musicales, vient de publier son bilan Radio-TV-Club de la programmation musicale au premier semestre 2019. A l’issue de l’année 2018, le rap enregistrait un score historique de 11,5% de l’ensemble des diffusions radio françaises avec une croissance sur l’année de +2,5 points, la plus forte tous genres confondus. Six mois plus tard, le score retombe légèrement à 10% de l’ensemble des diffusions radio, il enregistre donc la baisse la plus forte du semestre tous genres confondus avec -2 points. Il en va de même pour les diffusions de nouveautés, où il perd 3,6 points sur le semestre pour parvenir à un score de 16% là où la variété francophone poursuit sa croissance au point de concurrencer la dance. Si ce premier semestre 2019 se situe toujours dans une dynamique globale de croissance de l’urbain dans les diffusions radio (11% d’audience au Top 100 pour 8% des diffusions), on ne peut que constater l’importance de l’écart entre ces dernières et la consommation de musique à la demande. C’est ainsi que PNL, Nekfeu et Ninho, projetés au sommet des charts SNEP avec la sortie des albums Deux FrèresLes étoiles vagabondes et Destin, sont quasiment rendus invisibles à l’exception du single Goutte d’eau… 99ème du Top 100 Radio.

➡️ À la télévision et la radio, la variété française prend le pas sur les singles rap

Pour se frayer un chemin dans les premières places du classement, le chemin le plus sûr reste la collaboration avec un artiste de variété. C’est le cas de Roméo Elvis qui se projette à la 2ème place avec Tout oublier en s’invitant sur Tout oublier d’Angèle, qui remporte également la palme du single le plus playlisté du semestre avec des entrées sur 102 stations sur un panel de 136. En 2018, c’était déjà La même de Maître Gims et Vianney qui s’était imposé à la première position du classement général avec 75.010 diffusions et 1,3 milliards de contacts. Il en va de même pour la télévision, où le rap perd -4,7 points sur l’ensemble des diffusions pour atteindre 14,9% et -7,5 points sur les diffusions de nouveautés pour atteindre 17,1%. Là encore, c’est Tout oublier qui raffle la mise avec 8.486 diffusions et 111 millions de contacts, suivi de Plus tard de Bigflo & Oli et de Fragile de Soprano. Dans les faits, le succès de Maître Gims en 2018 et la proximité d’une partie de sa production musicale avec la variété française ont probablement rehaussé les scores de l’urbain sur l’année et donc contribué à une légère rechute au premier semestre 2019. Pour autant, on constate qu’à la radio comme à la télévision, des artistes comme Soprano et Bigflo & Oli, dont l’ADN se rapproche également de la variété française, font systématiquement partie des plus diffusés.

➡️ Un format club plus représentatif, entre musiques urbaines et sonorités latines

En club, la donne est bien différente. Vegedream prend la place de Lartiste en tête du classement général avec le hit de la Coupe du Monde 2018 Ramenez la coupe à la maison. Ce dernier n’est pas en reste puisque sa collaboration avec Eva sur On fleek s’est classée huit semaines à la première place du Club’40 et récupère la troisième position du Top Clubs. Mafiosa se classe par ailleurs en sixième position et Chocolat à la 31ème. La composante urbaine semble se frayer sans trop de difficultés un chemin vers les platines, à tel point qu’elle s’accapare les premières positions du classement côte-à-côte avec le reggaeton et les sonorités d’Amérique latineTaki Taki de DJ Snake réalise une fusion entre les deux registres en faisant collaborer Cardi B et le portoricain Ozuna, mais on retrouve aussi Con calma de Daddy Yankee et Snow à la 5ème position, Say my name de David Guetta, Bebe Rexha et J. Balvin à la 11ème position et Baila balla baila d’Ozuna à la 14ème position. Il faut attendre la 13ème position pour voir apparaitre le premier titre de variété françaiseA nos souvenirs de Trois Cafés Gourmands. A noter également que les titres urbains diffusés se rapprochent beaucoup plus de la consommation à la demande avec la double condition d’être dansants et bien connus du public : on y retrouve Eva, Lartiste, Aya Nakamura, Maes et Booba, Heuss L’enfoiré, etc.

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