infinit ma vie est un film

« Ma vie est un film », une explosion niçoise signée Infinit

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À l’est de Marseille, la portion de côte qui traverse Cannes, Nice et Antibes héberge depuis les années 1990 une scène rap foisonnante à l’ADN unique, mais désespérément ignorée du grand public : Chiens de Paille, Veust, Atletico, Coloquinte… En 2013, un nouveau venu débarque avec la ferme intention de changer la donne : Infinit. Originaire du quartier de La Fontonne (Antibes), le rappeur a pour lui une technique imparable exercée aux Rap Contenders, qui lui vaudra toute l’attention d’un certain Alpha Wann, mais aussi le soutien inconditionnel du label D’En Bas Fondation. En 2013, il dévoile Ma Vie Est Un Film, une deuxième mixtape aux allures de premier véritable projet professionnel qui sonne comme une véritable détonation. Autour de ses couplets, Infinit imbrique savamment ceux d’une brochette d’invités de marque : Veust, son mentor, mais aussi Alpha Wann, Aketo, Jason Voriz… Une sélection réalisée sur la base de rapports humains qui confère à l’ensemble une spontanéité et une énergie débordantes. Ma Vie Est Un Film reste, sept ans après sa sortie, un projet à part dans la carrière du rappeur qui a d’ailleurs décidé de le gratifier d’une seconde partie.

Quand Infinit remettait Nice sur la carte du rap avec Ma Vie Est Un Film

En 2014, Infinit est l’un des premiers artistes à répondre aux questions de REVRSE. La scène se déroule dans un appartement de Montmartre, au nord de Paris. Le rappeur nous y accueille chaleureusement, nous propose à boire et à fumer. Une rencontre à l’image du projet qu’il vient de sortir, centré sur les rapports humains en premier lieu et bourré d’ondes positives. C’es certainement la force d’Infinit, qui hérite de la technique et de la plume qui ont fait la réputation de l’école niçoise dans l’underground français et lui adjoint une énergie débordante, un esprit d’autodérision qui lui manquait étrangement malgré sa situation géographique ensoleillée. Pour autant, le rappeur n’hésite pas à aborder des sujets plus sérieux au détour d’une rime, et trace le portrait en dix-neuf titres d’un Nice volontairement délaissé par les pouvoirs publics. Un exercice de style qui impressionne d’autant plus que malgré sa longueur, le projet n’a rien de rébarbatif et semble se dérouler à toute vitesse… Comme un film. Difficile de se détacher du flow captivant d’Infinit et de son écriture imagée, un talent qui lui vaudra bientôt une solide réputation au sein du rap français.

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