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Le rap sous-représenté au Bilan Radio TV du 1er semestre 2020

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Yacast, société spécialisée dans le monitoring de médias audiovisuels, a livré son bilan semestriel de la programmation musicale en France. Cette étude s’inscrit dans le contexte particulier du confinement, qui a imposé la fermeture des établissements de nuit à compter du 14 mars et qui a largement réduit les nouvelles entrées en programmation TV du fait de l’impossibilité de tourner des clips. S’agissant du cas particulier du rap, on constatait en 2019 un décalage persistant avec la consommation de musique à la demande. En effet, le rap français et international ne représentait au premier semestre que 10% des diffusions de musique dont 16% des nouveautés en radio et 17,1% des diffusions de clips dont 17,9% des diffusions de nouveautés en TV. À l’année, ces chiffres passaient à 10,1% des diffusions radio dont 16,3% des diffusions de nouveautés et 20,1% des diffusions TV dont 17,9% des diffusions de nouveautés. À noter, comme l’a souligné le journaliste Sophian Fanen, que ce chiffre n’intègre pas les registres hybrides accolés au rap, basculés dans la catégorie Groove & R&B. Au premier semestre 2020, on constate un amoindrissement des programmations rap malgré la place prépondérante du genre dans les charts sur la même période…

9,4% des diffusions radio contre 52,8% des écoutes

La tendance globale est encourageante, l’audience du rap dans l’ensemble des diffusions radio a doublé entre 2005 (5%) et 2019 (10,1%), mais sa lenteur a créé un décalage notable entre la programmation et la consommation de musique à la demande sur les plateformes de streaming. Au premier semestre 2020, le rap français représente à lui seul 2,1 milliards d’équivalent streams au Top 200 (SNEP), soit 52,8% du total, suivi des 516 millions d’équivalent streams du rap international (12,6%) et des 332 millions d’équivalent streams du pop rap français (8,1%). Dans le même temps, le rap ne représente que 9,4% des diffusions radio, soit une baisse de 0,6%, et 15,9% des nouveautés, soit une baisse de 0,1%. On retrouve en tout et pour tout un unique morceau rap, Ne reviens pas de Gradur et Heuss L’enfoiré (27ème), parmi les 50 titres les plus diffusés sur la période. Il est rejoint par Roddy Ricch, Heuss L’enfoiré, Maes, Ninho, 4keus, Niska, Jul, Booba, Hatik et Naps au Top 100, soit un total de neuf titres sur 33,6% des diffusions radio au premier semestre 2020. Le pop rap, représenté par Soprano, Gims, Soolking, Dadju et Aya Nakamura en France s’en sort légèrement mieux avec dix titres au Top 100.

15,3% des diffusions TV contre 50% des vues YouTube

Même constat, légèrement atténué, pour la télévision. L’évolution y est moins évidente puisque les diffusions de rap sont passées de 13,5% d’audience en 2007 à 17,9% en 2019, en prenant en compte qu’elles avaient réduit à la fin des années 2000 au point d’atteindre 5,1% en 2009. Le Groove et R&B, en revanche, a suivi une évolution contraire de 25,3% des diffusions en 2008 à 11,4% en 2019. Au premier semestre 2020, le rap français domine la consommation de clips à la demande avec 1,3 milliard de vues au Top 100 YouTube (50%), suivi des 598 millions de vues du pop rap français (21,7%) et des 272 millions de vues du rap international (9,9%). Dans le même temps, le rap français et international ne représente que 15,3% des diffusions TV sur la même période, soit une baisse de 0,3%, et 17,1% des nouveautés, soit une baisse de 0,1%. À noter cependant que l’artiste le plus diffusé en TV du semestre, Soprano, est issu du rap. La place accordée au pop rap y est plus représentative de la consommation à la demande, avec dix titres au Top 50, qui rassemble 30,1% du total des diffusions TV. Le rap n’y place que cinq titres, dont Ne reviens pas de Gradur et Heuss L’enfoiré à la 14ème place.

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