Interview : VSO, le groupe nîmois qui veut sa place au soleil

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Groupe encore méconnu en France, le VSO commence à faire parler de lui petit à petit, notamment avec la sortie le 27 octobre, de leur projet Southcoaster en collaboration avec Maxenss. Originaires de Nîmes, Vinsi, Pex et Alien, âgés d’une vingtaine d’années dévoilent une musique festive aux thèmes variés, avec des ambiances sentant bon le sud. Apparus récemment dans le cercle de Fianso, c’est avec Polydor qu’ils ont sorti leur dernier projet. Ils sont passés sur OKLM, Skyrock, ont eu droit à un article dans le quotidien L’Equipe. Placer Nîmes sur la carte du rap hexagonal ? Tel est leur objectif, eux qui ne manquent pas d’ambitions, avec leur musique se détachant des normes du rap actuel. Nous avons retrouvé le trio au Café Olive, lieu de leur premier concert, autour d’une bière, exhibant ainsi parfaitement leur image de “mâles fêtards”.

Votre projet est sorti le 27 octobre, peut-on dire que c’est la première pierre d’une belle carrière qui s’ouvre devant vous ?

Vraiment, on l’espère, on a bossé un an dessus. Jusqu’à présent, on a sorti des phases test avec deux projets plus ou moins sérieux, mais c’est le vrai premier projet qu’on fait et où on a pu se trouver musicalement.

Southcoaster mêle rap, pop, chill. On a l’impression que vous voulez créer un style de rap “méditerranéen”…

T’as tout compris, c’est exactement ça. C’est rap, mais aussi pop, car on chante dessus, notamment dans les refrains. On s’est rendu compte que ça donnait quelque chose d’assez différent comme le font par exemple Lomepal ou Roméo Elvis. C’est pas du hip-hop pur et dur, c’est plus coloré à l’image du sud, alors que c’est même pas fait exprès. L’alliance avec Maxenss apporte un côté pouvant être soit planant soit énergique. On est de Nîmes, on aime faire la fête, on en parle dans nos sons, on parle aussi de femmes, de soleil… Le projet nous ressemble, on n’a pas la prétention de casser des codes, mais on veut emprunter une voie qui s’en détache. On écoute de tout en ce moment, du Nirvana, du Twenty-One Pilots, de l’alternative, et on s’en inspire également mais on veut garder une base “nouveau rap”.

On a l’impression d’un rap positif entre Ricard, bédave, une ode à l’amour sous un grand soleil.

Clairement, même si on est parfois mélancoliques. On essaie de dire des choses négatives avec des messages positifs, chantés avec une instru qui va avec. Dans Mâles Fêtards, on se dit que c’est cool de faire la fête, mais qu’après ça on fait quoi ? On essaie de mélanger les émotions.

On peut trouver quelques similitudes avec le groupe Set&Match. Compte tenu de la rivalité Nîmes-Montpellier, ça vous irrite ?

Y a que dans le sport t’inquiètes ! On nous assimile souvent à eux, on est trois, on vient de la côte sud. C’est des gars qu’on aime bien, qu’on écoutait. Ils faisaient aussi quelque chose de spécial, alternatif, avec des sonorités particulières. Avec Nemir, ils ont posé cette première pierre dans la vibe sud qui ne ressemble pas à celle parisienne ou marseillaise. Ils avaient un bon délire, c’est dommage qu’ils se séparent.

Vous avez signé chez Polydor et vous avez pour chef de projet Pauline Reignault, rétrospectivement c’est un choix judicieux pour vous?

Elle est aussi chef de projet de Nekfeu, de Disiz et de Bigflo et Oli. On va dire que c’est une belle écurie, on est content d’être là. En plus, Pauline, elle est à fond dans ce qu’elle fait, et ce depuis Les 50 heures du rap sur Goom Radio. Ça nous pousse à aller plus loin, elle nous bouge même si on est très déter. C’est une belle rencontre, on t’aime Pauline!

Elle était aussi avec vous lors de votre passage dans Rentre dans le cercle, peut-on dire que ça vous a apporté pas mal d’exposition?

Ça a bien marché, ça nous a ouvert à un public qui ne nous connaissait pas, par exemple à Paris. Ça fait super plaisir aussi de rapper avec des rappeurs qu’on adore, comme Médine ou Guizmo. Ca fait bizarre d’être au milieu d’eux mais c’est une très bonne expérience musicalement et humainement. Fianso, c’est un bête de mec, c’est énorme ce qu’il fait, et ça nous permet de kicker et revenir à un rap plus authentique, là où on a commencé.

La présence de Maxenss, personnage qu’on peut qualifier de particulier, peut faire penser à la présence de Lorenzo aux côtés Columbine…

La comparaison est pas mal du tout. Maxenss, on le connaît depuis un petit moment maintenant, et on s’est dit que sa vibe pouvait être intéressante pour nous. Ça a commencé avec Hello haters, on a aimé ça et on a voulu faire ce projet. A la différence de Lorenzo, il est sérieux sur les sons du projet. Il fait des vidéos comiques, mais ça fait juste partie d’une grande palette qu’il possède. Il a une très bonne oreille musicale, et savait déjà quels sons allaient être les plus streamés. C’est un très bon acteur. Gros big up à Maxenss aussi !

Vous êtes des purs nîmois et vous supportez le Nîmes Olympique, loin du clivage OM-PSG. L’Equipe vous a même accordé un article. Vous en pensez quoi de ça ?

On est super heureux quand il s’agit de représenter notre ville, où que ce soit. On va au stade depuis qu’on est tout petits, on a cette passion, même s’ils sont en Ligue 2, enfin, bientôt en Ligue 1 ! On loupe pas une occasion pour mettre en avant des produits de notre ville. On est chauvins de ouf. On a entendu dire qu’Umut Bozok (buteur du Nîmes Olympique) jouait pas mal au piano, ça pourrait être cool une collab avec lui.

Vous avez une tournée de concerts à venir. La suite logique, c’est un premier album ?

Ouais c’est un objectif, un album VSO. On a plein de titres, mais on ne sait pas quelle forme ça va avoir. Ca pourrait être un EP . On sortira un truc en 2018, mais on ne sait pas quoi, ni comment, ni quand. On espère aussi kiffer notre tournée, car on veut faire vivre ce projet.On la calibre jusqu’à la fin de l’année pour prendre nos marques avec Maxenss, et on fera beaucoup plus de dates en 2018.

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