mala himalaya

« Himalaya », le bijou avant-gardiste de Mala et Animalsons

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En 2017, Marc Jouanneaux d’Animalsons confiait au détour d’une interview pour l’ABCDR du Son : « Mala ne se prend pas la tête, il entend un son qui lui plait, il fonce. C’est un griot moderne, un rappeur blédard. Il fait le lien entre la culture du petit village africain et la culture hip-hop de New York. Despo Rutti et Alpha 5.20 sont aussi dans ce registre. » Avec Himalaya, son premier et unique album studio paru le 25 mai 2009, le rappeur originaire du Pont-de-Sèvres anticipe une bonne partie des tendances de la décennie à venir tout en créant une atmosphère musicale reconnaissable entre mille. Au croisement des influences jamaïcaines (reggae, dancehall) dans lesquelles baigne Marc Jouanneaux, compositeur de la grande majorité des titres de l’album, depuis les prémisses de sa carrière, de sonorités empruntées à l’électro-dance et de l’authenticité lyricale de l’école Beat 2 Boul, cet album longtemps passé sous les radars finira par recevoir des hommages bien mérités durant la deuxième moitié des années 2010… Comme s’il avait fallu une bonne demi-décennie pour pleinement assimiler la portée du travail de Mala et de son alter-ego compositeur.

Himalaya, le meilleur gloubi-boulga de l’histoire du rap français

De part sa voix éraillée et son flow crié, Mala fait partie des artistes rap français à l’identité vocale la plus identifiée malgré une carrière en dents de scie. En 2007-2008, l’OG du Pont-de-Sèvres est déjà convaincu qu’autotune ne tardera pas à devenir la nouvelle norme du genre. C’est dans cet état d’esprit qu’il enregistre Himalaya, un OVNI à tous points de vues qui ne verra le jour que tardivement, le 25 mai 2009. Entre temps, deux autres projets auront initié la tendance aux États-Unis et dans l’hexagone : Tha Carter III de Lil Wayne et 0.9 de Booba. Sur le seul album studio de sa carrière, Mala collabore quasi-exclusivement avec Marc Jouanneaux, la moitié du collectif de compositeurs Animalsons. Ensemble, les deux artistes fusionnent électro-dance, dancehall et rap de Memphis et donnent naissance à un ADN inédit : « C’est ça qui fait le bordel : le gars est reggae, l’autre électro… Tu mélanges tout et ça fait un gloubi-boulga comme on dit ! » confiait Mala à Booska-P en 2018. Une décennie après sa sortie Himalaya n’a rien perdu de son aura avant-gardiste et révèle à chaque écoute de nouvelles complexités…

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