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Fédérer une communauté, de Master P à Freeze Corleone

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La Menace Fantôme de Freeze Corleone est certainement l’un des albums les plus attendus par le public rap francophone cette année. De par son esthétique musicale et son attachement à l’indépendance, l’ascension du rappeur franco-sénégalais s’inscrit dans un schéma global de montée en puissance d’artistes de niche capables de fédérer des communautés très engagées autour de propositions artistiques sans concessions. En proposant d’offrir le projet aux moins fortunés de ses fans, l’équipe du rappeur est parvenue à faire évoluer la relation qui la lie au public d’une manière inattendue. Spontanément, de nombreux auditeurs ont reproduit l’offre et contribué à souder l’ensemble de la communauté à l’approche de la sortie de l’album… À l’image des grandes figures du rap indépendant outre-Atlantique. Dans ce secteur, peu ont brillé comme le rappeur originaire de la Nouvelle-Orléans, Master P. Ce dernier, au début de sa carrière au début des années 1990, dans la ville de Richmond en Californie, a multiplié les stratégies promotionnelles plus inventives et audacieuses les unes que les autres pour offrir une place de choix à son label, No Limit Records, sur la scène de la Bay Area, Eldorado du rap américain indépendant, puis dans tout le reste des Etats-Unis.

Quand Master P inspire Freeze Corleone ?

Parmi ces opérations marketings, on compte une multitude de concerts gratuits, des maraudes par des streets-teams affutées, mais aussi et surtout des dons en masse de ses albums solos et de son groupe T.R.U. (The Real Untouchables) en pleine rue. C’est bel et bien ce type de coups bien sentis qui ont progressivement offert à Master P le trône du rap indépendant. Si l’idée d’offrir un projet à ses auditeurs se retrouve plus ou moins dans le concept de mixtape gratuite, voire des célèbres Albums Gratuits de Jul, le geste de faire don d’œuvres pensées pour être commercialisées reste aux yeux du public incommensurablement plus fort. Dans le cas de Master P comme dans celui, plus récent, de Freeze Corleone et de son manager Shone, la démarche rencontre d’autant plus de succès qu’elle correspond à l’ADN de l’artiste. C’est une autre figure de l’indépendant français, Jean-Pierre Seck, qui dévoilait sa vision du marketing musical dans un entretien avec son ancien associé Driver : faire des traits de personnalité de l’artiste un argument de vente sans les dénaturer. Pour Laylow comme pour Freeze Corleone, cette forme de marketing très instinctive sur certains aspects ne manque pas de produire des résultats remarquables…

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