Chronique d’Affaire de Famille

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La MZ, qui s’était fait connaitre auprès du grand public avec des morceaux tels qu’Enfermé Dehors, Fonceder et surtout le fameux Lune de Fiel qui totalise aujourd’hui plus de 8 millions de vues sur Youtube. Leur stratégie de diffusion, jusqu’alors axée sur la série de mixtapes MZ Music, s’est concrétisée le 4 mai avec la sortie de leur premier album studio intitulé Affaire de Famille. Le premier extrait qui a été choisi pour annoncer l’album était Dans le Bendo, un clip plein de références à la comédie Maman, j’ai raté l’avion de Chris Columbus et qui montre un groupe d’enfants tendre des embuscades aux agents de la Brigade Anti-Criminalité. Le clip, bien réalisé et très riche, a cependant le défaut d’être justement trop riche, au point de détourner complètement l’attention de l’auditeur de l’aspect musical du morceau. Le deuxième extrait, Je suis un menteur, est musicalement beaucoup plus doux et chanté et par conséquent le clip est moins scénarisé et laisse plus de place à des plans plutôt contemplatifs devant le panorama du paysage parisien. Wesh les puristes, sorti fin avril, s’adapte à l’énergie du son avec des plans de groupe de nuit à la lumière de torches, mais aussi au thème du morceau en affichant quelques commentaires Youtube négatifs de manière à les tourner en dérision. Le dernier extrait avant la sortie de l’album, celui de Ma substance, tourné en noir et blanc, alterne des plans mouvants en intérieur et plusieurs autres qui jouent sur la texture de l’image et qui rendent encore une fois le clip très doux et contemplatif. Peu après la sortie de l’album, le clip du morceau Un noir tue un autre noir est mis en ligne, il alterne des plans de couleurs chaudes sur une scène de repas réunissant les membres du groupe et des plans de couleurs sombres et froides d’une scène de meurtre dans une rue. Cette fois, le clip illustre bien la musicalité du clip. Enfin, le dernier clip est celui de Coca N Bourbon qui emploie des plans plus artistiques, des jeux de lumière à la limite du kaléidoscopique, des jeux de texture pour mettre en valeur l’esthétique corporelle féminine et enfin des projections sur des façades d’immeubles. On remarque que l’univers musical très varié de l’album est illustré par une multitude de clips, au nombre de 6 pour un total de 15 morceaux, ce qui peut autant être considéré comme un avantage que comme un inconvénient selon la manière d’apprécier cet album. Le premier morceau, OG’s joue parfaitement son rôle d’introduction et introduit l’auditeur dans l’univers de l’album sur une prod épurée mais qui reste cependant assez entrainante. Suit Dans le Bendo, qu’on avait déjà évoqué, est un très bon morceau notamment grâce à l’emploi d’un choeur d’enfants au refrain, procédé assez peu employé en rap français malgré de très bonnes réussites outre-Atlantique telles qu’I Can de NaS ou Hard Knock Life de Hova. Le troisième titre, Je suis un menteur n’est pas sans évoquer Aime cette musique dont le clip était tourné par un groupe d’adolescents pour faire réagir les auditeurs et leur montrer que la musique s’écoute et ne se regarde pas. Ici, le morceau adopte les formes d’un titre romantique, alors que les paroles évoquent au contraire le thème de la tromperie, le message étant d’écouter les paroles au lieu de juger uniquement sur la forme. La prod du titre suivant, intitulé Kalina en référence à Robert Kalina, le graphiste à l’origine du design des billets d’euros, est excellente, et les membres de la MZ s’y adaptent à la perfection notamment sur le refrain. Wesh les puristes est un coup pied énergique en direction des puristes qui “veulent des messages” alors que la MZ assume parfaitement de ne parler que de drogue et de femmes. Le titre suivant, Ma substance, est taillé pour le sens de la mélodie de Jok’air malgré des performances plus que respectables de ses acolytes, il n’est pas sans nous rappeler Lune de Fiel par certains aspects. Un noir tue un autre noir est une référence au titre éponyme des mentors de la MZ, les Sages Po, extrait de leur premier album Qu’est-ce qui fait marcher les sages? qui est d’ailleurs samplé en intro du morceau. Ce morceau est très original au niveau des sonorités et de l’enchainements des couplets et des refrains, il s’agit probablement de l’un des meilleurs de l’album même si la qualité de ce dernier est assez égale en fin de compte. Une bonne performance de Hache-P qui joue très bien de sa voix rauque sur le featuring avec Mallaury, EvadéCoca N Bourbon sort quasiment totalement du domaine du rap pour se fondre totalement dans l’univers de l’album, en revanche le morceau suivant, Johnny, est très entrainant et relance l’intérêt de l’auditeur qui commençait à s’assoupir. Loin d’ici, la onzième piste, continue sur cette lancée, la mélodie rappelle vaguement celle de OG’s. Le morceaux suivant, Tchapalo, est dédié à un alcool d’Afrique de l’Ouest, cette fois c’est Dehmo qui livre une excellente performance. Une ambiance plus festive sur La cité des frères avec des sonorités estivales, pour enchainer sur une piste plus mélancolique qui clôt l’album, 3.5.7. Ce qui constitue un aspect original de l’album se révèle en même temps comme l’un de se principaux points faibles commerciaux, à savoir l’absence de “bangers”. En effet, l’album présente essentiellement des morceaux chantés ou du moins calmes, le morceau le plus rythmé étant Wesh les puristes. Jusqu’alors, la MZ s’était efforcée de conserver des morceaux rythmés sur ses précédents projets: Brrr et Je sors, je rentre sur MZ Music Vol. 3.5, Fucked Up ou Tiep Bou Dien sur MZ Music Vol. 3, etc. Cette fois, le groupe a fait le choix de se concentrer sur une ligne musicale plutôt homogène, ce qui confère une grande cohésion à l’album.

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