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Bilan Export 2018, une explosion du rap français à l’international ?

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Depuis 2010, les revenus à l’export de la filière musicale française n’ont cessé d’augmenter pour passer en l’espace de huit ans de 201 à 302 millions d’euros. En parallèle, l’explosion commerciale du rap français entamée durant la deuxième moitié de la décennie n’a pas tardé à trouver un écho à l’international comme le montre le Bilan 2018 du Bureau des Exports. Si en 2016, Maître Gims et Black M étaient les seuls artistes urbains à s’être vu décerner des certifications export pour leurs ventes d’albums et de singles à l’étranger, on voyait déjà apparaître le nom d’MHD sur la liste des interprètes ayant fait le succès de la France à l’export grâce au succès de son premier album (plus de 30.000 exemplaires écoulés dans le monde, principalement aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et au Canada) et à sa tournée mondiale en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis. L’année suivante, MHD décrochait un disque d’or à l’export en même temps que Maître Gims atteignait le triple disque de platine avec Mon coeur avait raison. Toujours en 2017, Damso et Niska faisaient leur apparition avec les singles d’or à l’export de Macarena et Réseaux. Pour autant, l’urbain restait encore de loin minoritaire avec 4 titres certifiés sur 54 et 2 albums sur 11…

➡️ Une percée du rap français à l’international portée par une variété de registres

En 2018, on constate une véritable explosion du rap français à l’international avec 9 singles certifiés sur 37 et 8 albums sur 26. C’est Niska et Kalash qui remportent la palme avec l’obtention de singles de diamant à l’export pour Réseaux et Mwaka Moon et de disques d’or pour les albums Commando et Mwaka Moon. A noter que la stratégie consistant à sortir des remix de titres à succès en collaboration avec des têtes d’affiches européennes s’est avérée payante : Mwaka Moon (RMX) avec l’italien Sfera Ebbasta et Réseaux (K¡K¡ Remix) avec l’allemand Nimo ont tous deux été certifiés single d’or à l’export. La vague afro est également bien représentée avec l’obtention de singles de platine à l’export par Aya Nakamura avec Djadja et par MHD avec Afro Trap Part. 7, ainsi que de singles d’or à l’export par Booba avec DKR et par MHD avec A Kele Nta. De son côté, Maître Gims poursuit son ascension et fait certifier Mon coeur avait raison disque de diamant à l’export ; à noter qu’on retrouve également Damso avec Ipséité et Lithopédion, Nekfeu avec Feu, Orelsan avec La fête est finie et Booba avec Trône parmi les albums certifiés or à l’export.

➡️ Une situation encore en défaveur du rap et de l’urbain dans la musique live

Du côté du palmarès live cependant, la balance penche encore largement en défaveur du rap et plus largement des musiques urbaines. Ainsi, c’est IAM (Live Nation) qui occupe le rang plus élevé du classement global… A la 16ème position ! Le groupe marseillais est suivi d’MHD (Arachnée Concerts) à la 21ème position, soit 2 noms à peine sur une liste de 25. En 2017, MHD portait déjà l’étendard du genre du haut de sa 5ème place au classement des artistes les plus programmés (nombre de participations à des festivals emblématiques à l’international), de sa 8ème place au classement des plus grandes tournées (en nombre de dates à l’international) et de sa 6ème place au classement des artistes les plus globetrotters (en nombre de pays dans lequel des concerts ont lieu à l’international). L’ouverture d’un nombre croissant de  festivals internationaux à l’urbain ainsi que le succès à l’export de singles et d’albums de rap français pourraient permettre, dans les années à venir, de corriger ce déséquilibre. D’autant que le chiffre d’affaires des ventes de spectacles à l’international devance celui de la musique enregistrée à 75,1 contre 68 millions d’euros !

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