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Audiomack concrétise ses ambitions en Europe et au Nigéria

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À ses débuts en 2012 Audiomack se présente, dans la lignée de Datpiff et LiveMixtapes, comme une plateforme de téléchargement et de streaming de mixtapes et de titres gratuits mis en ligne par les artistes à des fins promotionnelles. Le 30 avril 2013, J. Cole et Chance The Rapper y mettent simultanément en ligne les projets Truly Yours 2 et Acid Rap. Résultat : des serveurs saturés qui finiront par planter, mais surtout une publicité phénoménale pour le service créé un an auparavant par Dave Ponte et David Macli. Entre temps, un nombre croissant d’utilisateurs profitent de la possibilité d’uploader des titres à partir d’un simple compte gratuit et de l’absence de système équivalent au Content ID de YouTube pour faire d’Audiomack un centre névralgique des leaks en tout genre. Pour rester en bons termes avec les décideurs de l’industrie, la plateforme mise sur sa réactivité face aux contenus illégaux, ainsi que sur un positionnement en décalage avec les géants du streaming : production ou acquisition de contenus exclusifs et mise en avant des talents de demain, en concurrence avec SoundCloud. À l’aube d’une nouvelle décennie, Audiomack fait désormais face à de nouveaux défis et se déploie progressivement à l’international… Et notamment dans l’hexagone.

Audiomack à la conquête du monde, de Paris à Lagos

Lors d’un entretien accordé à Billboard en 2019, David Macli affirme : « Audiomack est l’endroit où les jeunes artistes qui viennent de lancer leur carrière peuvent se retrouver côte-à-côte avec des têtes d’affiches qui partagent leur musique. » Une vision qui, associée au ton très artist-friendly de son média DJBooth, n’a pas manqué de restaurer la côté de popularité aux États-Unis depuis 2015. De l’autre côté de l’Atlantique cependant, l’anarchie règne encore sur la plateforme. C’est ainsi qu’en 2019, les titres de l’album évènement de PNL, Deux Frères, y sont ajoutés et consultés un demi-million de fois. Pour faire face à ces nouveaux défis à l’international, Audiomack ouvre un bureau et recrute une nouvelle équipe à Lagos. Adeyemi Adetunji, Charlotte Bwana et Olive Uche seront ainsi chargés de consolider le positionnement de la plateforme au Nigéria, son second marché, et sur le reste du continent. En Europe, Audiomack mise sur des ambassadeurs locaux pour recruter les talents de demain et faciliter les relations avec les artistes, les labels et l’ensemble de l’industrie musicale. Premières cibles : la France et l’Allemagne, deux pays prometteurs pour les musiques actuelles…

Un positionnement axé sur les artistes de demain

« Désormais le but est de s’implanter en Europe via le marché français et le marché allemand, qui sont peut-être les deux plateformes les plus fortes dans les musiques qui intéressent Audiomack. C’est une plateforme basée sur les musiques actuelles, 95% de nos utilisateurs ont moins de 35 ans, donc on va essentiellement s’intéresser au rap, au R&B et aux musiques électroniques. » explique Hugo Rivière, récemment promu Ambassadeur France d’Audiomack et anciennement programmateur chez OKLM, animateur chez Générations, rédacteur chez Le Rap en France ou encore manager de Pinkman. « Le but va être de contacter des artistes qui correspondent à notre ligne éditoriale et de les aider à créer un compte chez Audiomack. Ce ne sont pas forcément les grosses têtes d’affiches qui nous intéressent, mais plus des nouveaux talents prometteurs qui pourraient grossir dans les mois ou les années à venir. Mon travail va être de repérer ces artistes via mon réseau, des français mais aussi des belges et des suisses francophones, et de leur présenter ce qu’on fait. » Les atouts de la plateforme : un complément de revenus, et de possibles mises en avant au travers de playlists internationales, aux côtés des stars américaines de demain.

Opération légitimation, le chantier des droits d’auteur

Une fois son compte créé, une opération de l’ordre de quelques minutes, il suffit à l’artiste de l’envoyer aux équipes d’Audiomack pour le faire monétiser. Hugo Rivière précise : « Contrairement aux plateformes de streaming classiques, Audiomack n’a pas de deal avec les maisons de disques. Les versements sont faits directement par la plateforme. Nous avons un agrégateur, Rightsholder, qui ne fonctionne pas comme Tunecore ou iMusician. Chez nous, c’est du direct de l’utilisateur à la plateforme. » Pour mener à bien son opération de légitimation sur le Vieux Continent, Audiomack a du s’attaquer au chantier de la rémunération des écoutes sur sa plateforme. S’agissant de la mise en ligne de titres sans autorisation, la plateforme permet ainsi aux artistes de les monétiser pour leur compte rétroactivement en s’enregistrant. Néanmoins, s’agissant des reversements liés au droit d’auteur, Audiomack n’a pas encore trouvé d’accord avec les organismes de gestion collective locaux. « Le mot clé c’est l’action de légitimer. C’est exactement la direction que prend Audiomack depuis quelques années, et son positionnement en tant que plateforme de streaming est assez inédit… »

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